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mardi 1 décembre 2009

Fiche de lecture d'un article du Libération du 1- 12-2009 - Qui seront les gagnants de la crise?


Pas les salariés a-t-on envie de répondre à l'auteur, Thomas Picketty , professeur et directeur d'études à l' Ecole d'Economie de Paris, et cela sans avoir lu l'article...

 L'auteur pose la question suivante: "Quels seront les effets de la crise financière mondiale de 2007- 2009 sur la répartition des richesses ? ".
Cette crise selon son analyse ne débouchera pas sur une réduction des inégalités car contrairement aux détenteurs du patrimoine, les salariés, nous y sommes, seront touchés durablement et en particulier par le chômage.

L'effet d'une crise est en principe la réduction des inégalités entre la classe moyenne et supérieure, et un accroissement de celles-ci entre la première et la classe constituant les revenus les plus faibles. Ainsi, la crise de 29 a vu une chute des revenus les plus élevés, les 10%  constituant 50% de la richesse en 1928: ceux-ci s'abaissèrent à 45% dans les années 30, pour ne constituer plus que 35% dans les années 50-60.
Ce "record inégalitaire" de 1928 a été rattrapé en 2007. Les études qui décrivent l'évolution annuelle des inégalités dans les 23 pays les plus développés démontrent que les crises financières n'ont plus d'effets sur la réduction des inégalités:
-la crise suédoise de 1991- 93 n' a apporté aucun changement à la concentration croissante des revenus du patrimoine;
-la crise asiatique de 1997- 98 provoqua même un accroissement de 10% du capital des plus fortunés...

 L'explication serait que les plus aisés parviennent mieux à tirer profit du chaos financier: si on possède 1 million d'euros et à plus forte raison 10 ou 100 millions, on a plus de ressources pour rémumérer des intermédiaires financiers que lorsqu'on possède moins, (on a plus de moyens pour délocaliser ou même pour s'expatrier dans des zones plus rentables et cela l'auteur ne le dit pas explicitement à ce niveau de l' analyse ).

 Ce mécanisme est à l'oeuvre actuellement ( voir l'insolente santé des banques ).
 " L'accès à la générosité publique favorise des redistributions à l'envers."
 A la suite de 1929, les gouvernements avaient demandé des comptes à ceux qui s' étaient enrichis en précipitant les pays dans la misère. Avaient été mis en place, à l'époque des impôts plus élevés sur les bénéfices,et une fiscalité plus forte sur les revenus du patrimoine, des régulations financières, le blocage des loyers, des nationalisations.
 Ces réponses ont été à l'origine d'une réduction historique des inégalités, selon l'expression de l'auteur. Aujourd'hui, protégé par une technicité plus opaque, le capitalisme instable, inégalitaire, provoque des catastrophes.

" De nouvelles crises sont nécessaires pour que les gouvernements en prennent
pleinement conscience. "

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