lundi 28 février 2011

Ascèse et ascétisme, une voie pour progresser





                                                                       



L'homme est à la fois corps et esprit et pour atteindre quelque chose de meilleur, il doit se libérer des attachements qui le conditionnent dans le but de parvenir à une hiérarchie: le corps se soumet à l'âme et l'âme à l'esprit. L'ascétisme désigne l'art d'introduire un ordre à des plans différents. Sur le plan physique, il est discipline du corps: entraînement, perfectionnement quelque soit l'âge, acquisition de qualités physiques nouvelles, hygiénisme (sans rigueur),. Sur le plan moral, l'ascèse apparaît comme la pratique d'une rectitude, professionnelle, relationnelle, par exemple. Sur le plan spirituel, il s'agit de développer des énergies subtiles qui allient le savoir et le savoir-faire, le savoir-être également, et la pratique d'une tendance au bonheur quotidien et à l'humanisme.
La pratique de l'ascèse, sur l'un des plans cités, permet à l'homme d'émerger de son esprit chaotique, de maîtriser ses instincts et ses passions et de dominer, de vaincre ses incomplétudes. Le corps devient plus résistant et plus fort. L'intelligence devient plus lucide, la volonté est fortifiée. L'esprit est plus serein, plus calme.
Au niveau plus symbolique, l'ascèse est une liaison entre l'extériorité et l'intériorité, même s'il ne s'agit que d'une ascèse à dominante physique. Cet exercice, l'ascèse est un exercice qui permet d'atteindre le potentiel (en partie) qu'il porte en lui. Ainsi l'ascèse, bien comprise, mise en oeuvre comme moyen et non comme but est une voie vers la libération. Elle modifie le grossier et le vulgaire grâce à un perpétuel affinement qui éclaire la connaissance.D'ailleurs tous les systèmes philosophiques et religieux comportent une base ascétique, qui peut, il faut le souligner, être positive ou négative.
L'étude est une ascèse: l'acquisition de connaissances dans un domaine du savoir humain est un exercice qui permet l'élévation de l'esprit. L'esprit, la pensée, le corps, sont des systèmes interconnectés et dont les différentes composantes sont elles aussi en connection: un changement positif dans un domaine entraîne un changement positif sur l'ensemble. Ainsi, j'ai pu observer que, inciter un élève à modifier son écriture dans le sens d'une meilleure calligraphie et de la présentation, a souvent des répercussions notables sur les résultats scolaires.

                                                                       
                                                              


  

jeudi 17 février 2011

La religion, l'ascèse violente et le mépris du corps, les outrances dogmatiques, les socialistes et les brouteurs





                                                  



La surenchère de l'ascèse était un fait si courant dans la religion chrétienne, au premier siècle de celle-ci qu'elle portait un nom spécial, l'épascèse (le préfixe épa de épi fait de l'épascèce ce qui est au-dessus de celle-ci). Ainsi Saint-Paul disait: "Je meurtris mon corps et le traîne en esclavage.". Saint Eusèbe a conservé une chaîne reliée à la fois au cou et au rein pendant quarante ans, jusqu'à sa mort. Pour imiter Saint Syméon le Stylite, il était devenu à la mode de grimper sur une colonne en guise de cellule. Comme ces moines souffraient de la solitude, les Stylites se regroupaient en communautés. Etant fréqemment de tendances théologiques différentes, ils s' insultaient d'une colonne à l'autre.
Cela me fait penser aux cadors du parti socialistes français, arc-boutés sur des idées et qui passent leur temps en querelles de tendances. Si on les mettait dehors, aux intempéries,au sommet de colonnes, ils auraient vite fait de se mettre d'accord, ce qui serait un bien inestimable pour les électeurs. 
D'autres religieux avaient l'habitude de brouter, à quatre pattes et de manger de l'herbe qu'ils trouvaient par terre, sans se servir des mains. Cela donne à penser ,'aujourdh'hui, certains mangent au ratelier, sans se servir des mains puisque les virements de fonds se font de façon électronique.
De toute évidence, la secte des Stylites et celle des brouteurs existent toujours, mais les temps ont changé: les Stylites sont droits dans leurs bottes et plantés sur leur dogme, et les brouteurs ont le nez dans des comptes et  toujours les mains propres.Il faut bien s'amuser un peu. Je redeviens sérieux.



                                         
Saint Syméon le Stylite ( à présent nous avons Saint Jean Bouche d'Or)



Emballée

  Pour Nietzsche, l'idéal ascétique a été entretenu et développé par les prêtres ascétiques, c'est une thèse qui est exposée dans un livre touffu et difficile, "Par delà le bien et le mal". A travers cet idéal "les faibles et les malades" trouvèrent un espoir de puissance sur "les forts". Mais il ne s'agit que de subterfuges inventés par les religieux pour palier la mauvaise conscience et le ressentiment. Selon le "philosophe au marteau", cet idéal intègre l'affirmation de l'existence d'une vérité supérieure à l'homme. Ainsi l'humanité aurait été endoctrinée par cet ascétisme vieux de deux mille ans qui apporte un but, détourné de la vraie vie, à l'ensemble des êtres humains.
L'idéal ascétique offre un sens à la souffrance et au labeur de l'humanité, celui-ci est encore présent dans certaines religions et il se recycle avec bonheur dans la science économique. Mais pas pour tout le monde.

L'expression, saint Jean bouche d'or vien de Jean Chrysostome qui est né à Antioche entre 344 et 349 et   et mort à Comana aux alentours de 400. Il a été archevèque de Costantinople et fut l'un des pères de l'Eglise grecque.Son éloquence est à l'origine de son nom, Chrysostome, littéralement, "Bouche d'Or".(de chrysos, or et stoma, bouche). Dans le langage courant, un saint jean bouche d'or est une personne qui parle avec éloquence ou qui parle franchement et nettement. J'y vois une légère nuance de moquerie, car le saint Jean bouche d'or parle un peu comme un livre ou alors il met les pieds dans le plat en manquant de discrétion. nous avons en politique des saints Jean bouches d'or de premier ordre.

                                                                





 

mardi 15 février 2011

Deux extraits à méditer, le paradoxe de la conscience du corps et la compréhension de ce paradoxe




Le paradoxe de la conscience du corps

" Le paradoxe de la conscience du corps est celui-ci: il faut que la conscience descende dans le corps pour pouvoir comprendre comment elle y est attachée; après seulement, elle peut penser sérieusement à s'en détacher. A ce moment -là, la désenditification n'est pas un affaiblissement, mais un renoncement, car elle permet de s'identifier au Soi, à sa vraie nature; c'est dans ce sens qu'on répète dans le Zen: "Aller au-delà du corps et de l'esprit". De même que ce sont les gens stupides qui gémissent piteusement: "Faibles, nous sommes faibles".
Il faut tenir le juste milieu entre l'écoute et la maîtrise du corps: si on n'a que la maîtrise sans l'écoute, on tombe dans la moralisation pure et dans le refoulement. Si on n'a que l'écoute et pas la maîtrise, on tombe soit dans l'hypocondrie, soit dans une sorte de pansexualisme qui fait régresser du point de vue spirituel. On revient alors à une centration sur soi, un égoïsme plat que l'on observe parfois chez des gens qui ont fait dix ans de psychanalyse - non content de courir après la satisfactin de leurs besoins conscients, ils courent en plus près la satisfaction de leurs besoins inconscients..."   Marcher, méditer, michel Jourdan /Jacques Vigne, Albin Michel, Paris , 1998.

La compréhension de ce paradoxe

La compréhension profonde de ce paradoxe du corps permet de réconcilier les deux propos apparemment contradictoire de Nietzsche et de François d'Assise. Le premier disait à peu près cela dans le Zarathousta: "Il y a plus de sagesse dans votre corps que dans toute votre raison" et le second considérait qu'il fallait traiter son corps comme "Frère l'âne". La sagesse qui monte du corps ne peut exister que parce que le corps est conscient. De même , quand l'âne est bien monté, son énergie est orienté par une conscience. Dans les deus cas, le but recherché est cette conscience-sagesse, et non pas le corps comme une sorte d'objet de consommation selon ce que souhaiterait un certain "esprit du temps" actuel: il faut savoir choisir entre l'esprit du temps et l'esprit tout court."  Ibid..


                                   

lundi 14 février 2011

La méditation selon Matthieu Ricard (suite)




L'importance de la méditation laïque selon Matthieu Ricard réside dans le fait d'éviter que les gens se privent de la méditation en tant qu'outil propre à améliorer l'esprit humain, comme cela a été dit dans l'article précédent. De même qu'il est impensable de se priver de la tendresse , de l'affection, de l'amour, de l'altruisme. Il s'agit de questions qui touchent à l'essence même de l'existence et à la survie de l'homme. Dire que ces valeurs sont liées à la religion serait se priver d'aspects essentiels de l'esprit.
Entraîner son esprit sans pour autant adhérer au Bouddhisme n'est pas une version "light" de la méditation Effectivement si les vertus apportées par la méditation sont correctes, elles sont correctes pour tout le monde, et ses principes peuvent être mis en oeuvre sans les dénaturer tout comme comme les découvertes scientifiques ou les inventions, quel que soit le pays d'où elles proviennent. Etre adepte de la méditation n'a rien d'un dogme; un dogme s'il est vrai, renforce la croyance, ce qui est conforme à la raison, s'il est faux , cela ne change en rien l'adhésion des croyants; cela ne peut-être le cas avec la méditation qui est libre de tout engagement religieux. Qu'il y ait un engagement philosophique ne lie pas la personne, puisque, presque par définition, la philosophie est une pensée de la liberté.
En ce qui concerne la méditation, il y a des vérifications empiriques et scientifiques sur la transformation de l'esprit qui ne peuvent pas être négligées et qui ne présentent aucune dérive sectaire, selon l'expression consacrée.



Parler de méditation consiste dans un premier temps à dissiper les malentendus et plus précisément celui qui associe méditation et relaxation. La relaxation est une technique, il en existe de plusieurs sortes, qui se caractérise par la recherche momentanée d'un néant intérieur, un oasis de calme,une parenthèse qui sont  bénéfiques ( je suis moi-même un fervent partisan de la relaxation, qui est à même d'apporter un soulagement dans des moments de stress) mais, elle n'empêche pas de retomber dans le même tourbillon, une fois la séance terminée. En Occident et à notre époque, on insiste surtout sur le calme intérieur et celui-ci est nécessaire quelles que soient les qualités que l'on désire développer, un meilleur équilibre émotionnel  par exemple, une maîtrise professionnelle, sportive ou relationnelle, ou, dans une visée plus large comme l'altruisme et la compassion. Il est évident que si l'on a pas à sa portée les outils qui permettent d'accéder au calme intérieur, d'autre qualités ne sont pas accessibles.

Matthieu Ricard remarque que la plupart des gens disent: "Je ne peux pas méditer car je suis assailli de milliers de pensées." Il est évident que si on est assailli et si on est l'objet de distractions permanentes et donc complètement submergé par un flux incessant, l'esprit ne peut pas atteindre autre chose. Pour avoir un esprit plus calme et plus clair, un entraînement est nécessaire. Il y a donc deux parties dans la méditation: une partie où on calme son esprit agité et une partie de méditation proprement dite.





     Pour en savoir plus sur la relaxation: voici un site spécialisé dans la formation qui présente un article synthétique dans lequel est exposé "le Training autogène de Schultz", la base des bases, pour un occidental. Il s'agit d'une détente neuro-musculaire, facile à mettre en oeuvre et qui apporte du bien-être et répare du stress quotidien. Pour cela il faut réussir à sentir la lourdeur, la chaleur, le calme de la respiration et du coeur. Basique. La Relaxation progressive de Jacobson, un ensemble de contractions et de détentes très efficace. Il est question aussi de l'Eutonie d'Alexander qui s'approche un peu plus de la gymnastique douce (de eu, juste et de tonos, tension).

      http://www.artec.fr/actualites/laboratoire-artec/relaxation.html

Dans un prochain article, je vous parlerai du protocole de relaxation que j'ai mis au point, pour mon utilisation personnelle, et qui est un mélange de training autogène, de relaxation différentielle (Jacobson) , de pensée positive et de sophrologie. Un coktail, sans alcool,  à utiliser sans modération.Et je continuerai, par la suite, à développer cette approche de la méditation, avant de passer à un autre sujet.
Bonnes lectures et bonnes recherches à tous.