mercredi 24 octobre 2012

La sculpture de soi selon Michel Onfray -5-




Coups de marteau nietzschéen

L'apparition de la morale des "faibles"

"Lorsque les opprimés, les asservis, sous l'emprise de la ruse vindicative, de l'impuissance se mettent à dire: "Soyons le contraire des méchants, c'est à dire bons! Est bon quiconque ne fait violence à personne, quiconque n'offense, ni n'attaque,,n'exerce pas de représailles et laisse à Dieu le soin de la vengeance, quiconque se tient caché comme nous, évite la rencontre du mal et du reste attend peu de chose de la vie, comme nous les patients et les humbles et les justes..." Tout cela veut dire en somme, à l'écouter froidement et sans parti pris: "Nous les faibles, nous sommes décidément faibles; nous ferons bien de ne rien faire de tout ce pour quoi nous ne sommes pas assez forts."- Mais cette constatation amère, cette prudence de qualité très inférieure...grâce à ce faux monnayage, à cette impuissance devenue duperie de soi, a pris les dehors pompeux de la vertu qui sait attendre , qui renonce, se tait, comme si la faiblesse même du faible- c'est à dire son essence, son activité, toute sa réalité unique inévitable, indélébile- était un accomplissement libre, quelque chose donc de volontairement choisi, un acte de mérite. Cette espèce d'homme a besoin de foi au "sujet neutre" doué de libre arbitre et cela par un instinct de conservation personnelle, d'affirmation de soi, par quoi tout mensonge a besoin de se justifier.
(C'est)...par cette raison qu'il permet (cette illusion du libre arbitre) à la grande majorité des mortels, aux faibles et aux opprimés de toute espèce, cette sublime duperie de soi qui consiste à tenir la faiblesse de soi, pour une liberté, tel ou tel état nécessaire pour une vérité." (Généalogie de la morale paragraphe 13)




       

Le faible chez Nietzsche n'est donc pas le gringalet, il n'est pas celui qui pense appartenir à une prétendue "race supérieure", c'est plutôt celui qui accepte sans broncher ce qui lui est imposé de l'extérieur de lui même et en premier lieu une morale transcendante d'origine divine ou dérivant d'un idéalisme. C'est l'homme qui suit, qui ne résiste pas , qui a peur, de refuser, de se révolter, de dire non, de tout.
Ainsi Nietzsche fustige dans Par delà le bien et le mal "la morale du troupeau" ou "morale grégaire". Les hommes ont été ainsi rassemblés , réduits à une foule indistincte par l'ajout d'une morale qui sous des traits "objectifs", "neutres", "désintéressée", impose une forme de volonté de puissance, celle-ci étant une surdétermination, un jugement que la vie, en la personne de la volonté de puissance du moraliste (Platon, Kant, Moïse, Jésus et aujourd'hui les partis politiques, les médias, les artistes idolâtrés...) prononce sur elle-même.
C'est dans un premier temps la religion qui est dénoncée en tant que chose grandiose, sublime, qui s'impose dans la conscience de l'homme, avec l'apparence de la recherche désintéressée de l'absolue vérité. Selon le philosophe, si on gratte un peu ces splendides monuments de l'histoire de l'humanité, si on les envisage sous l'angle de leur apparition et des différentes significations accumulées au cours des temps, on voit que le sublime est lamentablement lézardé, fissuré, gangréné, et cela derrière les belles façades des maisons bourgeoises, des églises et de tous les bâtiments religieux, les palais et parlements, derrière lesquelles se trouvent la cruauté, la violence et l'oppression.     


   

Textes complémentaires des Nietzschéens modernes s'expriment.

Patrick Declerk, membre de la Société psychanalytique de Paris, auteur, entre autre de Garanti sans moraline,  Le sang nouveau est arrivé, L'horreur SDF.

Nietzsche est d'abord l'homme qui a tué Dieu. Connaisseur par excellence en pourriture, antéchrist médecin-guérisseur, contempteur de ce Jésus Le Petit, esclave revanchard, nihiliste auteur de "bienheureux les pauvres d'esprit", escroc platonicien et cornichonesque commis voyageur d'arrière-mondes à l'usage des vieilles filles hémorragiques, des débiles et des fatigués.
Et puis, il y a Nietzsche au haut mépris pour le bétail démocratique. Nietzsche à la haine implacable de l'homme, c'est à dire de lui-même. Nietzsche qui n'est que crachats et injures pour les hommes-nains, homoncules démocratiques, cloportes agglomérés en grappes frileuses, frémissantes d'égoïsme, de revendications de myopes et de haine pour tout ce qui les dépasse. "La démocratie, c'est le christianisme naturalisé", c'est à dire le crétinisme garanti, le divertissement crapuleux, le nivellement du fumier par le fumier pour le fumier.
Nietzsche se méfiant, se défiant de la pitié et se jetant en pleurs au cou d'un cheval battu. Nietzsche de toutes les contradictions. Homme supérieur et humain, trop humain, raté de tous les ratages. Ami sans  amis. Erotique sans femme. Errant les bras en croix, comme le Christ, son double haï et nécessaire."( Philosophie Magazine, février 2007 )   




Kendell Geers, artiste sud- africain vivant à Bruxelles. A participé à l'exposition "Dionisiac" au centre Georges Pompidou. Ses installations "interrogent les pulsions dévastatrices de notre monde".

Parce que tout artiste, par définition, s'engage dans la bataille entre les forces apolliniennes et dyonisiaques quand il s'efforce de faire jaillir une logique du chaos (je suis nietzschéen) .La conception nietzschéenne de l'art est d'une actualité frappante. Nous vivons dans le plus contradictoire, le plus violent et le plus irrationnel des moments de l'histoire, avec ses relents de croisades et de terreur. Le monde se partage aujourd'hui entre les menaces imaginaires que brandissent les politiques pour servir leur propres intérêts d'un côté et l'opinion publique dominée par sa peur qui les suit aveuglément de l'autre. Le monde est devenu dionysiaque, si ce n'est "amnesiac". Dans un monde absorbé par la folie et la démesure, ce dément qu'est l'artiste devient l'antidote le plus efficace. Telle est la leçon de Nietzsche. Seul l'art peut parler de vérité tout en mentant, en jouant sur l'illusion.Contre notre monde contaminé par la société du spectacle, un monde devenu lui-même illusion, avec la télévision, les clips de MTV, le nivellement de la réalité par la téle-réalité, l'art doit réagir. L'art doit lancer des pavés et des coktails molotov contre ce simulacre de la réalité, simulacre confortable qu'est devenu la culture populaire. L'art doit mettre, comme le dit Nietzsche, dans la troisième dissertation  de Généalogie de la morale, mettre le spectateur face à ce qu'il a de plus enfoui en lui, son instinct de liberté." Ibid


Installation de Kendell Geers
                                            

                                                                
  Some music for fun


                                                                                                                                                                 

lundi 22 octobre 2012

La sculpture de soi selon Michel Onfray -4-



Il faut, pour comprendre Michel Onfray, pénétrer, connaître, l'essentiel de la pensée de Friedrich Nietzsche. Je ne m'attarderai pas sur la biographie celui qui philosophait à " coups de marteau" que l'on trouvera sans peine sur Wikipédia. Cependant, j'aimerai signaler que la folie de Nietzsche, qui sert d'argument massue à ces détracteurs, était due à la syphilis contractée pendant ses années d'étude, et que cela ne remet pas en cause la validité de sa pensée; au contraire: elle a, selon moi, servi d'aiguillon, de moteur, à la formulation d'une philosophie nouvelle et rebelle dont on a pas encore mesuré la véritable portée pour l'homme, toujours empêtré, jusqu'au cerveau des vieilles certitudes, qui conduisent aux catastrophes que l'on connaît et que nous serons amenés à connaître. Incessamment sous peu, semble-t-il.
Voici donc quelques concepts nietzschéens agrémentés de quelques commentaires et illustrations textuelles et iconiques et souvent ironiques (ouch!).

Quelques coups de marteau nietzschéens


La mauvaise conscience

Pour Nietzsche, la conscience morale n'est pas transcendantale, située dans le Ciel des Idées ou donnée par commandements divins , ni inconditionnée et détachée de la réalité historique et sociale. Elle n'est pas, non plus, le produit d'une réflexion individuelle ou collective, dans le sens où des hommes auraient pu se mettre au travail pour formuler des règles de conduite propres à faciliter les comportements humains. La morale est au contraire le produit de la culture et, plus précisément une construction imposée par ceux qui ont pris le pouvoir pour en retirer les avantages et dominer le reste de l'humanité. Une des premières conséquences, nuisibles à l'homme, est l'apparition d'une véritable maladie psychique qui inhibe la véritable activité l'obligeant ainsi à s'intérioriser et rendant celui qui la vit incapable, entre autre, de se poser en tant que rebelle aux pouvoirs qui asservissent.
Cette mauvaise conscience a mis un terme à l'état de nature qui se caractérisait par le fait qu'une horde d'individus forts et violents imposaient leur loi au groupe des faibles. Cela peut paraître salutaire mais cela a mis un terme à la spontanéité naturelle, à l'instinct, à l'insouciance pour laisser la place à cette manie désastreuse de l'introspection et à l'habitude calamiteuse de la réflexivité. Ainsi,   sous le joug de cette morale de "faibles", établie par les hommes du ressentiment, ceux du combat contre la vie joyeuse et naturelle, les "forts" se sont affaiblis, ont été rendus malades, en étant mis en position de se reprocher ce qu'ils étaient. Les valeurs nobles ont été combattues et notamment, la honte a été associée à la satisfaction des instincts naturels et ainsi est née cette contradiction physiologique interne qui tel un "ver rongeur" met fin à l'innocence.
Nietzsche nomme "dyspepsie" cette incapacité qui hypothèque l'agir: l'homme ne parvient plus à assumer ses actes et se scrute sans arrêt soi-même, dans un ruineux et douloureux regard. La conscience est devenu un tribunal, les idéaux ascétiques dominent l'existence et, interdisent l'exercice de la vie naturelle.

" Je tiens la mauvaise conscience pour cette maladie grave à laquelle l'homme a dû succomber à la suite de la transformation la plus profonde qu'il ait jamais vécue, cette transformation qui s'est opérée lorsqu'il se retrouva définitivement captif sous le joug de la société et de la paix. Tout comme les animaux marins qui se virent contraints à devenir terrestres, soit de disparaître, ces êtres demi-animaux qui s'étaient adaptés avec succès au monde sauvage, à la guerre, à l'aventure, d'un coup, tous leurs instincts furent dévalorisés et suspendus. Il leur fallait désormais se tenir sur leurs pieds et se porter eux-mêmes, alors que jusqu'ici l'eau les portait: une pesanteur terrible les accablait, ils n'avaient plus leurs anciens repères dans ce nouveau monde inconnu, à savoirs les pulsions régulatrices qui les guidaient en toute sécurité et inconscience; ils en étaient réduits à penser, à inférer, à calculer, à combiner les causes et les effets, ces malheureux, réduits à leur conscience, leur organe le plus misérable, le plus trompeur....il leur fallait chercher des satisfactions nouvelles et en quelque sorte souterraines. Tous les instincts qui ne se déchargent pas vers l'extérieur se tournent vers l'intérieur, c'est là ce que j'appelle l'intériorisation de l'homme: c'est alors que pousse en l'homme ce qu'on appellera plus tard son âme. Tout le monde intérieur, aussi mince à l'origine que s'il était tendu entre deux membranes, s'est élargi et gonflé..." Nietzsche, Généalogie de la morale


   

" Ces bastions effrayants, au moyen desquels l'organisation étatique se protégeait contre les antiques instincts de liberté - les châtiments sont les premiers de ces bastions-, ont fait que tous ces instincts de l'homme sauvage, libre et nomade, se sont retournés contre l'homme lui-même. L'hostilité, la cruauté, le plaisir de traquer, de contrecarrer, de détruire - tout cela se retournant contre les  détenteurs de ces instincts: voilà l'origine de la mauvaise conscience. L'homme qui, à défaut d'ennemis et de résistances extérieures, engoncé dans l'étroitesse oppressante et la régularité de la coutume, se déchirait impatiemment, se traquait lui-même, se rongeait, se fouaillait, se maltraitait, cet animal qui ne laisse pas de se blesser aux barreaux de sa cage, que l'on veut domestiquer, ce nécessiteux que dévore la nostalgie du désert, contraint de faire soit une aventure, un lieu de supplice, une jungle inquiétante et dangereuse, ce fou, ce prisonnier nostalgique et désespéré devint l'inventeur de la mauvaise conscience." ibid


                                                           
  Ainsi, Nietzsche montre comment et à quel prix s'est formée l'âme, c'est à dire par le combat contre soi-même, jusqu'à la division, par le sacrifice de certains instincts. C'est l'origine du refoulement, de la castration psychique et ainsi,  l'élaboration d'un monde intérieur, médiateur de la réalité, l'exercice de la réflexion, du jugement, de la mémoire, de la méditation et de l'examen critique de soi devient un monde intérieur survalorisé  par rapport au monde pulsionnel, jusqu'à avoir honte de celui-ci..


Michel Onfray nous parle de Nietzsche: "Il n'y a pas de vérité, il n'y a que des perspectives."


          

                                                                                    

vendredi 19 octobre 2012

Le naufrage de l'Europe vu par l'inénarrable eurodéputé Nigel Farage


Un exercice périlleux en cette période de suivisme et de quiétisme: "ne vous faites pas de soucis, consommez sur vos deux oreilles, l'Europe veille à vous endetter jusqu'au cou."


                                                   

                                        

jeudi 18 octobre 2012

Les parlementaires, les commissaires, les hommes politiques, de l'Europe du désastre économique et social, ne se mouchent pas avec les doigts


A voire la mine épanouie, les sourires, les ronds de jambe, des hommes politiques européens on comprend que Bruxelles est loin du Portugal, de la Grèce et de l'Espagne et plus généralement de tous ces gens qui tirent le diable par la queue en Europe. Cet article de l'hebdomadaire "Le Point", qui est une publication sérieuse, nous apprend que ces gens n'ont aucun soucis à se faire pour la retraite et qu'ils pourront investir dans les oeuvres d'art et les collections de montres.




Lire l'intégralité du rapport : "Les retraites de nababs des hauts fonctionnaires européens"

D'accord, rien de comparable avec les retraites en or des PDGdg, mais les 129 - très - hauts fonctionnaires de l'Union européenne (commissaires, juges, greffiers...) n'ont vraiment pas à se plaindre. Aucun régime de retraite de la fonction publique dans les 27 États membres n'est aussi favorable. Et pour cause, un commissaire européen, un juge, un avocat général de la Cour de justice... n'acquittent aucune cotisation, contrairement au fonctionnaire européen lambda qui, lui, verse 10,90 % de son traitement de base.

Mais pour ce tarif zéro, les hauts fonctionnaires de l'Union bénéficient de prestations luxueuses détaillées dans un rapport que s'apprête à publier Sauvegarde Retraites, association connue pour son obstination à traquer les abus. Ainsi, quand ils abandonnent leurs fonctions, les maîtres de l'Union peuvent toucher jusqu'à 70 % d'un dernier traitement très confortable. Les émoluments de ces "super-fonctionnaires" s'élèvent, en moyenne, à 21.260 euros mensuels. Au bas de l'échelle, le greffier du Tribunal de la fonction publique touche 16.327 euros. En haut, le président de la Cour des comptes perçoit 23.405 euros et celui de la Cour de justice 26.651 euros, et cela, sans indemnités et autres suppléments familiaux (par exemple, plus de 2.000 euros par mois pour 3 enfants à charge !).

Pour obtenir les 70 % de leur dernier salaire pour leurs retraites, les hauts fonctionnaires de l'Union n'ont pas besoin de trimer 40,5 ans, comme dans le privé, en France. Il suffit de "tenir" 16 ans. La vérité oblige à dire qu'il est assez rare de parvenir à ce seuil fatidique compte tenu de la durée des mandats, mais même un court passage reste avantageux. Ainsi, Jacques Barrot, vice-président de la commission chargée des transports, au terme de seulement 5 ans de mandat, aura droit, en octobre, à une pension de 4.728,20 euros.

Les partants peuvent espérer toucher entre 300.000 et 500.000 euros
La vérité oblige à dire là aussi que ces retraites sont cumulables avec celles obtenues dans les pays d'origine. Et qu'en cas de départ avant l'âge - 65 ans -, les 129 privilégiés de l'Union touchent de confortables parachutes. Sous forme d'une "indemnité de déménagement", sachant que tous les coûts (transports, assurances...) sont, en plus, pris en charge par l'Union. S'ajoute une "indemnité de transition" servie mensuellement pendant 3 ans en proportion du salaire de base et de la durée du mandat effectué (40 % pour moins de 2 ans, jusqu'à 65 % au-delà de 15 ans). Une restriction toutefois : une fois le mandat achevé, si le haut fonctionnaire européen exerce une nouvelle activité, sa rémunération ne doit pas dépasser, y compris l'indemnité de transition, ce qu'il percevait à Bruxelles ou à Luxembourg.

Au total, en cumulant les deux indemnités, les partants peuvent espérer toucher entre 300.000 et 500.000 euros, ce qui n'altère en rien les prestations de retraite à venir. Pas mal pour des responsables mieux que bien payés (le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, avec 29.504 euros, touche plus que le président des États-Unis) et qui, le plus souvent, réintègrent leur administration d'origine, reviennent à la politique ou pantouflent dans le privé. Conclusion de Sauvegarde Retraites : "C'est un comble, l'administration européenne, garante de l'orthodoxie budgétaire et si prompte à jouer les gendarmes vis-à-vis des États membres qui ne respectent pas les principes de bonne gestion et de rigueur économique, mène, pour elle-même, aux frais des contribuables, une politique laxiste totalement coupée des réalités



  

Bébé venant de lire le tableau ci-dessous
              

A voir  ce tableau de frais de représentation des Commissaires européens datant de 2009, on imagine que les commissaires, (qui ne sont pas des co-misères..bon ça vaut ce que ça vaut...), ne doivent pas avoir des mollets de campeurs car ils ne doivent pas aller dans des hôtels sans ascenseur. Par contre, ils doivent avoir de très grosses bourses. A peu près à la même hauteur, l'européen de base, lui, possède un rectum très large.



 http://www.observatoiredessubventions.com/wp-content/uploads/depenses-commission-ue.jpg

A voir les frais, on imagine que les Commissaires européens ne doivent pas avoir des mollets de campeurs étant donné qu'il ne doivent jamais descendre dans des hôtels sans ascenseur. Par contre, il est certains qu'ils doivent avoir de grosses bourses. Le citoyen européen, lui, présente une capacité d'absorption de plus en plus développée.             

Les Commissaires européens ont dépensé des millions en jets privés, hôtels de luxe et cocktails. Des dépenses somptuaires qui font mauvais effet au moment où la Commission réclame un budget en hausse pour l'UE et demande à la Grèce de se serrer toujours plus la ceinture.

Les négociations s’annonçaient difficiles entre les Etats membres et la Commission européenne, qui souhaite une augmentation de 4,9% du budget de l'Union* pour 2012. Une position plus délicate à tenir quand le Bureau of Investigative Journalism révèle que
la Commission européenne a dépensé des millions en jets privés, séjours en hôtels cinq étoiles, cocktails et cadeaux de bijoux Tiffany (…) à l’heure même où les Européens subissaient compressions budgétaires et plans de sauvetage du FMI.
Des dépenses somptuaires pour le moins mal venues en ces temps de crise où les cures d'austérité se multiplient pour les citoyens de l'UE et alors même que que la Troïka UE-FMI-BCE va demander à la Grèce de renforcer les mesures d'austérité en contrepartie de nouvelles aides.
Le Bureau of Investigative Journalism a épluché les données disponibles grâce au Système de transparence financière (SFT) de l’Union européenne. "Tous les chiffres ont été vérifiés par les services appropriés de la Commission", précise cette association à but non lucratif.

La crédibilité de la Commission en jeu

Le détail des faits – noms et adresses des hôtels de luxe, compagnies aériennes… - peut être consulté sur son site.
En voici les principaux points :
  •  Plus de 7 500 000 euros ont été dépensés en jets privés pour les déplacements de commissaires entre 2006 et 2010.
  •  La note d’hôtel pour le président Barroso et la délégation de huit personnes qui l’accompagnait à New York, en septembre 2009, s'est monté à 28 000 euros: quatre nuits au Peninsula Hotel où le tarif moyen des suites est de l’ordre de 780 euros par nuitée. C'est plus du triple de la limite de 275 euros par personne pour un logement à New York prévue par les règles européennes, rappelle le The Telegraph. La Commission fait valoir des raisons de protocole et de sécurité.
  • Les orateurs invités à parler à la Commission se sont vu offrir des bijoux, boutons de manchettes ou encore des stylos plume Tiffany. Au total, 20 000 euros ont été dépensés en cadeaux pour les visiteurs entre 2008 et 2010.
  • Plus de 300 000 euros ont été dépensés en 2009 en événements décrits comme des "cocktails". 
Peut-être plus dérangeant encore : En 2009, la Commission a également pris en charge le coût de séjours en résidences cinq étoiles pour divers fonctionnaires et leurs familles, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et au Ghana.
Il est extrêmement décevant de voir avec quelle facilité la Commission dépense l’argent des contribuables européens – des millions d’euros – en jets privés et hôtels de luxe. Cela ne fait qu’élargir et approfondir le gouffre entre les citoyens et la bureaucratie européenne ,
s'indigne Martin Ehrehauser, député européen indépendant autrichien.
Le Secrétaire d'Etat britanique chargé de l'Europe, David Lidington, s'est également montré très critique envers la Commission.
Les contribuables de toute l'Europe sont confrontés à des décisions difficiles quant à leurs propres budgets domestiques (...) Toute preuve de prodigalité et le gaspillage pourrait endommager la réputation non seulement des commissaires personne concernée mais aussi de l'UE dans son ensemble. Ce qui est très clair, c'est que la Commission ne peut se permettre de faire des économies avant de demander aux gouvernements tout l'argent supplémentaire.
L'exécutif européen se bornait mercredi soir a assurer que ces chiffres ont été "sortis de leur contexte et délibérément mal interprétés". Une réponse un tantinet courte.
*La Commission a demandé une augmentation de 4.9% en paiements pour le budget de l'UE et non pas pour son budget. Au contraire, la Commission a gelé son propre budget administratif en termes nominaux.





                                                                                                                                     

mercredi 17 octobre 2012

Beauté...pour se consoler



                  Un peu de beauté dans ce monde laid: Régina Spektor



  

Le clip pour écouter la musique et la voix: une pure merveille