jeudi 21 octobre 2010
Conservateurs et utopistes, l'actualité vue par Johann Fichte
" Nos principes philosophiques, selon vous ne sauraient passer dans la vie; nos théories sont à la vérité irréfutables, mais elles ne sont pas praticables.- Vous ne les juger sans doute ainsi qu'à condition que tout reste comme il est actuellement; car autrement votre assertion serait beaucoup trop hardie.Mais qui vous dit que les choses doivent rester ainsi? Qui vous a donc loués pour racommoder et bousiller comme vous le faites, pour ajuster ainsi de nouveaux morceaux à un vieux manteau déguenillé, pour faire cette lessive sans mouiller la peau de personne? Qui donc vous a assuré que de cette manière la machine ne tomberait pas en pourriture, que les trous ne s'agrandirraient pas, que le nègre cesserait d'être nègre? Parce que vous avez fait des sottises, faut-il que nous portions l'âne?
Mais vous voulez que tout reste sur l'ancien pied; voilà pourquoi vous nous résistez et pourquoi vous écrivez que nos principes sont inexécutables. Hé bien! montrez du moins de la franchise et ne dites plus: Nous ne pouvons pas exécuter vos principes; mais dites seulement, comme vous le pensez: Nous ne voulons pas les exécuter.
Ces cris contre l'impossibilité de ce qui ne vous plaît pas, vous ne les pousssez pas aujourd'hui pour la première fois; vous les avez poussé de tout temps, chaque fois qu'un homme courageux et résolu est venu parmi vous et vous a dit comment vous y pendre pour mieux conduire vos affaires. Pourtant malgré vos cris bien des choses sont devenues réelles, pendant que vous en démontriez l'impossibilité.- C'est ainsi qu'il n'y a pas longtemps, vous criâtes à un homme, qui suivait votre voie, et qui n'avait d'autre tort que de ne pas la suivre jusqu'au bout: Proposez-nous donc ce qui est faisable. C'est à dire, vous répondit-il très justement: Proposez-nous ce qu'on fait. Depuis ce temps-là, l'expérience, la seule chose qui puisse vous rendre sages, vous a appris que ces desseins n'étaient pourtant pas si impraticables."
Johann Fichte, Contibutions...sur la Révolution française, 1858.
Conservateurs et utopistes, l'actualité vue à travers une page de philosophie
Et voilà que je tombe sur une page de Johann FICHTE dont la teneur, en ce mois d'octobre (rougeoyant) me saute aux yeux et à la pensée. Celle-ci est extraite de Contributions pour rectifier le jugement du public à la Révolution française, 1793,1794.
Johann Fichte est né en1762 en Saxe, non loin de Dresde, dans une famille modeste et a commencé des études de théologie à Iéna. Sa candidature à un poste d'écclésiastique ayant été refusée, il devient précepteur à Zurich et découvre Kant avec un grand enthousiasme en 1790. Il devient professeur à l'Université de Iéna et enseigne de 1794 à 1799. Ses cours connaissent un succés prodigieux et il publie entre autres son Fondement du droit naturel, 1796 et son Système d'éthique, 1798. Accusé d'athéisme, poursuivi par la hargne de ceux qui ne lui pardonnaient pas son ouvrage sur la Révolution française il est contraint de démissionner.
Fichte donne ensuite des cours privés à Berlin et il écrit notamment L'Etat commercial fermé,1800, et les fameux Discours à la Nation allemande en1807. Il enseigne enfin à la Faculté de Berlin et en devient le recteur en 1811. Pendant toutes ses années, le philosophe travaille à exposer avec toujours plus de rigueur sa Doctrine de la science, 1797,1804. Le thyphus l'emporte prématurément en 1814.
Johann Fichte est né en1762 en Saxe, non loin de Dresde, dans une famille modeste et a commencé des études de théologie à Iéna. Sa candidature à un poste d'écclésiastique ayant été refusée, il devient précepteur à Zurich et découvre Kant avec un grand enthousiasme en 1790. Il devient professeur à l'Université de Iéna et enseigne de 1794 à 1799. Ses cours connaissent un succés prodigieux et il publie entre autres son Fondement du droit naturel, 1796 et son Système d'éthique, 1798. Accusé d'athéisme, poursuivi par la hargne de ceux qui ne lui pardonnaient pas son ouvrage sur la Révolution française il est contraint de démissionner.
Fichte donne ensuite des cours privés à Berlin et il écrit notamment L'Etat commercial fermé,1800, et les fameux Discours à la Nation allemande en1807. Il enseigne enfin à la Faculté de Berlin et en devient le recteur en 1811. Pendant toutes ses années, le philosophe travaille à exposer avec toujours plus de rigueur sa Doctrine de la science, 1797,1804. Le thyphus l'emporte prématurément en 1814.
mardi 12 octobre 2010
Définition de la notion de spiritualité laïque
Cette définition n'est pas simplifiée mais elle ne peut pas tenir compte de tous les aspects de la notion. Il s'agit d'une tentative qui ne retient que l'essentiel et qui s'attarde donc sur un certain nombre d'axes définitionnels incontournables.
La spiritualité laïque est une démarche expérientielle et existentielle de soi-même indépendante des croyances religieuses. Cette démarche se caractérise par une réflexion profonde sur les expériences de la vie dans un contexte de reliance avec les autres et ce qui nous entoure. Cette réflexion profonde est de nature à procurer à une meilleure perception du réel et une conscience de plus en plus grande et de plus en plus véridique de l'être humain dans son environnement naturel, la société et le monde.
La spiritualité laïque apparaît comme une nouvelle tendance que manifeste l'homme contemporain en faveur de la recherche d'une harmonie intérieure et dans la perspective de donner un sens à ses actions et cela au-delà des satisfactions purement matérielles.
Cette démarche s'adresse à tous ceux qui ont l'intuition de la dimension sacrée de la vie et qui cherchent à vivre en accord avec cette intuition.
Cela se traduit par:
- un travail sur soi,
- un effort constant dans l'acquisition de connaisssances,
- une droiture dans les engagements,
- une attitude de tolérance et de compassion,
- une ouverture sur les autres.
La spiritualité laïque est une démarche expérientielle et existentielle de soi-même indépendante des croyances religieuses. Cette démarche se caractérise par une réflexion profonde sur les expériences de la vie dans un contexte de reliance avec les autres et ce qui nous entoure. Cette réflexion profonde est de nature à procurer à une meilleure perception du réel et une conscience de plus en plus grande et de plus en plus véridique de l'être humain dans son environnement naturel, la société et le monde.
La spiritualité laïque apparaît comme une nouvelle tendance que manifeste l'homme contemporain en faveur de la recherche d'une harmonie intérieure et dans la perspective de donner un sens à ses actions et cela au-delà des satisfactions purement matérielles.
Cette démarche s'adresse à tous ceux qui ont l'intuition de la dimension sacrée de la vie et qui cherchent à vivre en accord avec cette intuition.
Cela se traduit par:
- un travail sur soi,
- un effort constant dans l'acquisition de connaisssances,
- une droiture dans les engagements,
- une attitude de tolérance et de compassion,
- une ouverture sur les autres.
lundi 27 septembre 2010
Eléments définitionnels de la spiritualité
Un peu d'étymologie
Esprit vient du verbe latin spirare, souffler que l'on retrouve dans spiromètre par exemple, spiritus, souffle est le substantif qui désigne aussi l'âme.Si l'on considère le mot anima, âme et souffle, il apparaît que les noms signifiant souffle ont vocation à désigner les composants humains opposés au corps. En grec, esprit se dit pneuma et le lien sémantique entre souffle et esprit se retrouve dans les deux langues anciennes.

Le mot spiritus est donc à l'origine du nom spiritualité, spiritualitas. Il est appliqué dès le 5ième siècle avec un sens religieux opposé à carnalitas ou animalitas; le mot possède un sens philosophique pour désigner un mode d'être ou un mode de connaître; son opposé est corporalitas.
Dés l'Antiquité, le champ sémantique (les différents sens pour être clair) s'applique à tout ce qui n'est pas matériel ou charnel et désigne une caractéristique humaine essentiel, le fait d'être rattaché au Divin ou animé par lui. Dans le christiannisme, l'être spirituel est opposé à l'être charnel, à la nature animale de l'homme et à ses désirs.
Le mot spiritualité dans un emploi plus moderne se substitue de plus en plus au religieux et sa conceptualisation date des années soixante.
Esprit vient du verbe latin spirare, souffler que l'on retrouve dans spiromètre par exemple, spiritus, souffle est le substantif qui désigne aussi l'âme.Si l'on considère le mot anima, âme et souffle, il apparaît que les noms signifiant souffle ont vocation à désigner les composants humains opposés au corps. En grec, esprit se dit pneuma et le lien sémantique entre souffle et esprit se retrouve dans les deux langues anciennes.
Le mot spiritus est donc à l'origine du nom spiritualité, spiritualitas. Il est appliqué dès le 5ième siècle avec un sens religieux opposé à carnalitas ou animalitas; le mot possède un sens philosophique pour désigner un mode d'être ou un mode de connaître; son opposé est corporalitas.
Dés l'Antiquité, le champ sémantique (les différents sens pour être clair) s'applique à tout ce qui n'est pas matériel ou charnel et désigne une caractéristique humaine essentiel, le fait d'être rattaché au Divin ou animé par lui. Dans le christiannisme, l'être spirituel est opposé à l'être charnel, à la nature animale de l'homme et à ses désirs.
Le mot spiritualité dans un emploi plus moderne se substitue de plus en plus au religieux et sa conceptualisation date des années soixante.
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